Réponse sur la réponse - Lettre ouverte au Citoyen Onfray

Citoyen Onfray, je m'autorise à me pencher sur ton cas.

Je te vois te pavaner de plateaux de télévision en plateaux de télévision, bluffant ton petit monde avec un aplomb bourgeois trés "bon goût" et avec un trés ronflant titre de philosophe accroché comme un morpion à ta boutonnière.

Mais sur n'importe quel sujet que je t'entende t'exprimer, je n'en finis plus de douter d'une forme pernicieuse d'imposture émanant de ta grasouillette personne.

Ici, je me réfèrerai à ces trois sujets que sont tes déclarations sur les communistes pendant la seconde guerre mondiale, la prétention que tu affiche à te présenter comme libertaire et tes déclarations sur l'Islam.   

 

En ce qui concerne les communistes, Monsieur Léon Landini, t'as déjà traité de salopard. Voilà qui est fort déplaisant pour ton cas, car Monsieur Léon Landini est une personne éminement respectable et respectée. Il faut dire que les saloperies que tu as versées sur les militants communistes relevent de la dégeulasserie pure et d'une sorte d'abus de pouvoir indigne de toute éthique.Mais tout cela, Monsieur Léon Landini te l'explique fort bien dans la lettre ouverte qu'il t'as adressé et que je republierai pour mémoire, plus bas.

 

I - Un peu d' Histoire:

Ce que je voudrais rajouter à son propos et que par astuce propagandiste, tu as "subtilement " gommé, c'est tout un pan de l'Histoire, c'est tout d'abord, la dissolution du Parti Communiste par Daladier, le 26 Septembre 1939 et la répression totale qui s'est abattue sur les élus mais aussi sur les militants communistes, par l'intermédiaire du décret Séroul (9 Avril 1940) pouvant les amener jusqu'à la peine de mort .

Je te rappellerais que le 16 Janvier 1940, François Chasseigne, député socialiste, est monté à la tribune de la Chambre des députés pour demander la peine de mort contre les communistes ( Chasseigne, qui trouvera plus tard, de bons emplois de ministre chez Pétain et qui aprés la guerre deviendra attaché de direction de la filiale française des usines Ford).

Je te rappellerais à la réalité de l' authentique "chasse aux sorcières" dont furent victimes les militants communistes, de cette traque qui affecta jusqu'aux syndicats, jusqu'aux rangs de l'armée française et qui précéda l'invasion allemande. Tu n'auras pas oublié que le ministre de la justice d'alors, Georges Bonnet qui condamna les communistes en série était le même qui avait signé les accords de Munich avec Hitler et Mussolini, le même qui avait déclaré en 1940: " J'ai dit enfin à l'ambassadeur du Reich qu'il pouvait constater en France le mouvement d'unanimité nationale qui s'était fait derriere le gouvernement; les élections étaient suspendues, les réunions publiques arrêtées, les tentatives de propagande étrangère quelles qu'elles soient réprimées, les communistes mis à la raison."

Je te rappellerais aussi le procés de 44 députés communistes qui débuta le 20 Mars 1940 et puis ce tract qui circula dans Paris, ce printemps là, où il est dit  : " Chaque fois qu'un nouveau jeune communiste est enfermé, repondez par une recrudescence d'activité. Montrez à Daladier que sa répression policière ne nous effraie pas. Editez dix mille, vingt mille, cent mille tracts qui iront apprendre la vérité à la jeunesse et l'engagement à la lutte [...] La lutte que vous menez est dure, nous le savons puisque nous y avons participé. Mais il n'y a pas de tâches trop pénibles pour les vrais jeunes communistes. Les justes triomphent toujours, lorsqu'ils sont forts et courageux. Et comme vous ne manquez ni de force, ni de courage, la jeunesse communiste entrainera la jeunesse aux côtés du peuple vers la victoire définitive."

Monsieur Landini, dans sa lettre parle du 6 Juin 1940, et des propositions transmises au gouvernement par Georges Politzer, ces 5 propositions visaient à la protection de Paris contre l'invasion allemande mais les propositions du Parti restèrent sans réponse. "Le gouvernement déclara Paris, ville ouverte et le vida de sa population, empèchant ainsi le Paris de 1940 de prendre comme celui de 1792, comme celui de 1870, la tête de la défense nationale."    

 

Citoyen Onfray, en parcourant un de tes écrits, j'ai vu que tu citais la Commune de Paris - Etrange n'est il pas, comme l'histoire se répète, car avant eux, Thiers et sa clique avait aussi préférés les Prussiens au Peuple de Paris. 

Je te demanderais, à cet instant, un effort d'imagination. Imagine ce que pouvait bien être, le déchirement des militants communistes français à ce moment de l' Histoire.

Antifascistes se sentant "abandonnés" idéologiquement par l'URSS, militants d'un parti n'ayant plus de structures officielles et pourchassés dans leur propre pays, comme traitres à la nation par ceux là mêmes qui quelques mois plus tard, lêcheraient servilement la botte allemande. 

Pourtant dix jours à peine aprés la signature du pacte Germano-Soviétique était apparu un manifeste où un certain nombre d'intellectuels célèbres avaient fait savoir que " réprouvant la duplicité dans les relations internationales, (ils) expriment leur stupéfaction devant la volte-face qui a rapprochée les dirigeants de l'URSS, des dirigeants nazis."

 

 Ecoutons Jean Chaumeil sur cette période: " Quand, après le traité germano-soviétique, l' Humanité a été interdite, moi j'ai pris immédiatement le brouillard. J'ai pensé, en effet, qu'il n'y en avait plus pour longtemps avant que le Parti ne soit dissous et qu'il allait falloir vivre dans la clandestinité. Je ne m'étais pas trompé. Comme j'avais pris mes précautions, j'ai pu me mettre à travailler au regroupement des camarades qui tenaient la barre, qui restaient solides sur leurs pieds. Mais il faut insister sur le fait que les fiches de mobilisation étaient arrivées et que plus des deux tiers des camarades membres du Parti avaient endossé l'uniforme et souvent gagné le front. Il ne restait donc que les non mobilisables, c'est à dire les exemptés comme moi, les plus vieux, les femmes et les enfants, enfin, les jeunes ... C'est dans cette situation qu'il a fallu procéder à la réorganisation clandestine du Parti ... Sur les milliers d'adhérents de la région Paris-Est - si mes souvenirs sont exacts, on devait être quinze mille - nous nous sommes retrouvés, au début du mois de Septembre, à une vingtaine. Dix-sept exactement, je crois bien ... Oui dix-sept [...] Et, à dix-sept, nous sommes partis voir les femmes et les enfants de ceux qui avaient été mobilisés pour leur demander s'ils voulaient bien reprendre l'activité, s'ils étaient prêts à entrer avec nous, comme on disait à l'époque dans le bain et le brouillard. Nous avons réussi à récupérer quelques centaines de femmes et de jeunes. D'autres troublés, n'ont pas voulu marcher. Ils n'acceptaient pas. Ils refusaient. Parfois, ils nous mettaient à la porte. Heureusement, beaucoup se sont ressaisis plus tard..." ou comme le confiait Benoit Frachon en 1956 à l'Humanité: " Le Parti s'était préparé à cette éventualité. Mais la réalité comme on dit, dépasse toujours la fiction ou si l'on veut les prévisions. Il y eut une période trés dure de réorganisation, de mise en place d'un appareil capable d'accomplir les taches nouvelles."

 

Le premier numéro de l'Humanité clandestine est paru le 26 Octobre 1939, en Janvier 1940 est paru clandestinement "La vie ouvrière ".

"Si Hitler malgré tout déclenche la guerre, alors qu'il sache bien qu'il trouvera devant lui le Peuple de France uni et les communistes au premier rang." avait déclaré Maurice Thorez, le 25 Août 1939. Et au premier rang, il le furent. A commencer par ceux qui étaient sur le front et dont les dossiers "P.R" constituérent un aller simple pour les premières lignes.

Comme tu le vois, citoyen, ce que l'on nomme la "drôle de guerre" ne fut pas drôle pour tout le monde. Il n'en demeure pas moins qu'au travers de toutes ces difficultés, ce furent encore les communistes qui les premiers ouvrirent le feu contre l'occupant nazi.

Monsieur Landini, t'en dresse une chronologie dans sa lettre et je me permettrai d'y rajouter Georges Guinguoin, "Premier maquisard de France", dont l' Appel à la Lutte, date de Août 1940. ( link )

Par contre, citoyen Onfray, l'abération énorme de tes propos concernant les juifs et les communistes, je dois te l'avouer me laisse sans voix. C'est pourquoi, je préfere poser ici cette simple affiche: 

 

AFFICHE.jpg

Il y en aurait tant d'autres à mettre, entre celle-ci et la fameuse Affiche Rouge qui unit dans leur sort, juifs et communistes. Et combien de ces juifs communistes sont tombés pour qu'un escroc de ta catégorie puisse se permettre de parader aujurd'hui librement en insultant leur Mémoire, Citoyen Onfray ? 

 

Je re -publie donc à présent la lettre de Monsieur Léon Landini et je m'attacherai dans le chapitre suivant à démontrer en quoi, ton charabia libertaire, n'est que pose et imposture.

 

" Honte à Mr Onfray "- Lettre ouverte de M. Léon Landini, ancien résistant FTP - MOI: link 

  


II - Un brin de sociologie: " La propagande par l'action "

 

Citoyen Onfray, je m'appuierai à présent, sur une brève chronique vaguement baclée (du moins, j'espère pour toi) et qui s'intitule "Heurs et malheurs du libertaire." Ou plus exactement sur la réponse qui a été faite à cette chronique sur le blog du " Serpent à Plumes" et qui s'intitule "Ego et Alter Ego d'un libertaire" ( Le lien vers l'article: link ).Cette réponse a pour elle le cachet de cette authenticité qui te fais tant défaut et j'y souscris totalement.

A dire vrai, je suis resté longtemps sur ton titre "Heurs et malheurs du libertaire" car le "il n'y a que heurs et malheurs en ce monde" comme le dit le proverbe et les "heurs et malheurs" pullulent à ce point en littérature que l'on pourrait dire que "Tout n'est qu'heurs et malheurs". 
" Heurs et malheurs de l'alimentation", "Heurs et malheurs de l'open data", "heurs et malheurs de la diversité", "heurs et malheurs des mobylettes roulant à l'ethanol", " heurs et malheurs du couscous en boite" ... On dirait que tout ecrivaillon qui se respecte a une oeuvre dont le titre est "heurs et malheurs" ... Nous mettrons bien sur de coté Daniel Defoe qui lança définitivement le mouvement des "heurs et des malheurs" en 1722 aprés que Francisco de Quevedo ait écrit du fond de sa prison les " Gracias y desgracias del ojo del culo", en 1623, où il est dit:  « Le trou du cul est plus nécessaire que les yeux ; car sans les yeux on peut vivre, mais sans trou au cul, ni vivre ni mourir. »... Plus tard, deux poétes fameux écriront à ce sujet: "Obscur et froncé comme un oeillet violet, il respire, humblement tapi parmi la mousse..." et cela s'appliquera d'autant mieux à ta personne, citoyen Onfray. 
Mais je digresse autant que je dégraisse.J'en reviens donc à ton titre " Heurs et malheurs du libertaire" pour m'arretter à ce "du" comme l'a justement souligné le camarade Porte-Plume. Car ce "du" n'est pas anodin, il est une expression généralisante qui inscrit le libertaire en générique comme un médicament. 
On peut donc y voir soit à une faute de français, soit à une faute de sens tout aussi rédhibitoire, soit les deux mon citoyen, ce qui tu me le concéderas est un trés mauvais départ. Pour ma part, j'aurais préféré être indulgent envers une faute d'orthographe " Heurts et Malheurs du libertaire" qui eût été tout à fait de circonstance mais comme l'a dit Oscar Wilde " Le bon goût s'arrête où l'Art commence " ... et cela s'applique assez bien à toi également. 
Oscar Wilde, qui  malgré son ouvrage "L' Ame de l'homme dans le Socialisme" où il proclamait qu' artistes et anarchistes exigeaient le même droit à un individualisme total, ne parvint jamais à convaincre les cercles anarchistes qui lui préfererent Erik Ibsen. Mais, au jour d'aujourd'hui, nous n' hésiterons pas une seule seconde entre Oscar Wilde et un Michel Onfray dont le titre de conférence est:  " « Le post anarchisme expliqué à ma grand-mère » ( sic).
                                                                                                                                                                                                             
             
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III - Un zest de religion: "Nous ne t'avons envoyé que par miséricorde pour les mondes" Qoran, XXI,107 - Al-Anbiya
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Citoyen Onfray, je t'entendais l'autre jour, vomir ton islamophobie primaire sur un de ces plateaux de télévision, un lieux où visiblement, tu as tes domiciles. Et en t'écoutant, j'avais cette trés désagreable sensation d'entendre un de ces  nationalistes qui ont de nouveau tribunes en France et qui ont pour ambition de nous faire baiser le portrait de Pétain demain pour aprés demain nous en-Thulé de plus belle comme de bons neo-païens tendance division Charlemagne.
" L'Ignorance ne s'apprend pas" disait Nerval mais je la trouve impardonnable lorsqu'elle est professée par une quelconque autorité. Je ne dis pas que tu représente une quelconque autorité à mes yeux, mais lorsque tu parle à des millions de gens par la grâce télévisuelle, tu es présenté comme tel. Pas un présentateur d'émission ne débute sur ces mots: " Aujourd'hui notre invité est ce bouffon de Onfray qui comme d'habitude va débiter sa haine inculte " et c'est ma foi une triste preuve de plus de la naïveté humaine.
Je t'entendais dire l'autre jour que tu avais lu le Coran, tu en recommandais même la lecture afin que chacun puisse se rendre compte de la violence sanguinaire du Livre. Je me demande, pour ma part, si tu l'as mieux compris que le dernier de ces abrutis intégristes qui contribuent tant au malheur des musulmans du monde entier.
Il me semble que l'on lorsque l'on se présente comme philosophe, la moindre des choses est d'offrir à son auditoire des termes d'approches différents du premier des raisonnements populistes dont on l'abreuve à chaque coin de comptoir. Et c'est à cela entre autres, que l'on distingue le philosophe du propagandiste.
Arthur Rimbaud avait également lu le Coran et l' on en trouve une trace dès "Les déserts de l'Amour " ... Egorge t'il? Etripe t'il à tout va? - Combats et fracas des boucliers? Non, citoyen Onfray, il évoque le "le sommeil continu des mahométans légendaires" - La légende des Sept Dormants d'Ephèse - " Braves pourtant! Et circoncis!".
Et plus tard dans "Une Saison en Enfer", Arthur Rimbaud dira : 

"J'envoyais au diable les palmes des martyrs, les rayons de l'art, l'orgueil des inventeurs, l'ardeur des pillards;  je retournais à l'Orient et à la sagesse première et éternelle. - Il paraît que c'est un rêve de paresse grossière !

Pourtant, je ne songeais guère au plaisir d'échapper aux souffrances modernes. je n'avais pas en vue la sagesse bâtarde du Coran."  
Comme le dit en substance David Ellison, lorsque Nietzsche accuse les religions  d'avoir engendré "la haine de ce qui est humain et plus encore de ce qui est animal, et plus encore de ce qui est matière; cette crainte du bonheur et de la beauté, ce désir de fuir tout ce qui est apparence, changement, désir même [...], il rejoint Rimbaud disant: " Je n'avais pas en vue la sagesse batarde du Coran " - car c'est justement cela: une volonté d'anéantissement, une hostilité à la vie, un refus d'admettre les conditions fondamentales de la vie, ayant pour but de la saisir authentiquement.
Lorsque Rimbaud écrit à Paul Demeny en Mai 1871, "il y affirme la nécessité d'une connaissance de soi entière, atteignable à travers la pratique d'une sorte d'exercice spirituel, qui, à l'instar de la prière rythmée du Coran redonnerait à l'égo la possession de soi en l'amenant en contact plus étroit avec la source de la vie et de la liberté [...] Il existe deux possibles interprétations de la destinée dans l'Islam. La première, décrite par Spengler, dans son Déclin de l'Occident, maintient que l'Islam correspond à une négation complète de l'égo. Le monde serait compris comme un système rigide de causes et d'effets. La deuxième dénomination dénomée dans le Coran Iman , n'est pas seulement une croyance passive en une ou plusieurs propositions d'un certain genre; c'est une certitude vivante engendrée par une expérience rare. Seules de fortes personnalités sont capables d'atteindre cette expérience et le "fatalisme " supérieur qu'elle implique [...] Dans le Coran, " Le mot est une allusion à une réalité spirituelle". Ce n'est pas une description mais une suggestion, ou plutot une allusion à une réalité spirituelle qui ne peut être representée."
" Dans une de ces Odes mystiques, Djellel - Edine al-Roumî, a défini savament la limite de la parole devant la présence divine, lorsqu'il écrit: " Il est l'objet de la Vision et ne se pose pas sur les signes."
         
  Mais comme l'a dit également Abou-Moutahar Al- Azdî vers la fin du XIe siécle, s'adressant sans doute à des individus de ta catégorie, Citoyen Onfray :
" Mais comment pourraient ils comprendre
  ces paroles que je leur offre?
  Comment le bétail pourrait il recevoir
  Les sentences prononcées par l'homme?
  Voici des gens assemblés
   qui une foi entre eux ne font que jacasser;
  Leur parler est semblable à celui des grenouilles
 qui ont élu domicile entre l'eau et les buissons"
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Golovan, le 1er Mars 2013
 



 


   
   
       
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